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Droit de la famille

Comment faire modifier la garde des enfants après une séparation ?

Après une séparation, les modalités de garde fixées par le juge peuvent évoluer. Ce guide explique dans quelles situations une modification est envisageable et comment la démarche se déroule en général.

Publié le 14 septembre 20263 min de lectureDroit de la famille

Ce que prévoit la loi sur la résidence des enfants

Lorsque des parents se séparent, le juge aux affaires familiales (JAF) fixe les modalités de résidence des enfants. Il peut décider d'une résidence chez l'un des parents, ou d'une résidence alternée entre les deux domiciles. L'article 373-2-9 du code civil encadre ces décisions.

Dans un arrêt du 14 février 2006, la Cour de cassation a rappelé que le juge dispose d'un pouvoir souverain pour fixer la résidence en alternance, même en cas de désaccord entre les parents, dès lors qu'il estime que cela correspond à l'intérêt de l'enfant.

Dans un arrêt du 25 avril 2007, la Cour de cassation a précisé que l'article 373-2-9 du code civil n'impose pas que le temps passé par l'enfant auprès de chaque parent soit de même durée : les juges du fond peuvent, si l'intérêt de l'enfant le commande, décider d'une alternance aboutissant à un partage inégal du temps de présence.

Quand peut-on demander une modification ?

Les décisions relatives à la garde des enfants ne sont pas définitives. Il est généralement admis qu'une modification peut être demandée lorsque la situation a évolué depuis la décision initiale. Dans un arrêt du 30 septembre 2009, la Cour de cassation a rappelé, dans le contexte d'une demande de modification de mesures relatives à l'enfant, que de telles décisions sont par nature susceptibles d'être révisées, notamment en cas de faits nouveaux.

Le droit de visite et ses modalités

Lorsque la résidence de l'enfant est fixée chez l'un des parents, l'article 373-2-9 alinéa 3 du code civil prévoit que le juge aux affaires familiales statue sur les modalités du droit de visite de l'autre parent. Ce droit de visite peut, lorsque l'intérêt de l'enfant le commande, être exercé dans un espace de rencontre.

Dans un arrêt du 10 juin 2015, la Cour de cassation a jugé que le juge qui statue sur le droit de visite doit en préciser les modalités, et notamment sa périodicité.

Comment se déroule la démarche en pratique ?

  1. Tenter un accord amiable : En général, les parents peuvent d'abord chercher à s'entendre directement ou avec l'aide d'un médiateur familial sur de nouvelles modalités de garde.
  2. Saisir le juge aux affaires familiales : Si aucun accord n'est trouvé, il est possible de saisir le juge aux affaires familiales d'une demande de modification. La demande doit en général s'appuyer sur des éléments nouveaux survenus depuis la décision initiale.
  3. Présenter les éléments au juge : Le juge prend en compte l'intérêt de l'enfant. Il peut s'appuyer sur des enquêtes sociales, des rapports ou les sentiments exprimés par l'enfant. Les articles 373-2-6 et 373-2-11 du code civil prévoient que le juge prend en compte la pratique antérieure des parents, les accords intervenus entre eux et les renseignements recueillis dans le cadre d'éventuelles enquêtes.
  4. Attendre la décision : Le juge statue en fonction de l'intérêt de l'enfant et peut modifier, confirmer ou aménager les modalités de garde et de droit de visite.

Résidence alternée et prestations familiales

En cas de résidence alternée mise en œuvre de manière effective et équivalente, les deux parents peuvent être considérés comme assumant la charge effective et permanente de l'enfant, au sens de l'article L. 513-1 du code de la sécurité sociale. Dans un arrêt du 3 septembre 2026, la Cour de cassation a jugé que l'attribution d'une prestation familiale ne peut être refusée à l'un des deux parents au seul motif que l'autre parent en bénéficie, lorsque la résidence alternée est effective et équivalente.

Délai pour agir

Le délai précis pour saisir le juge aux affaires familiales d'une demande de modification de garde n'est pas fixé par les sources disponibles. Il est conseillé de vérifier ce point auprès d'un avocat spécialisé en droit de la famille.

Questions fréquentes

Le juge est-il obligé d'ordonner une résidence alternée si les deux parents le demandent ?

Non. Dans un arrêt du 14 février 2006, la Cour de cassation a rappelé que le juge n'est pas tenu, même en cas de désaccord des parents, d'ordonner la résidence en alternance à titre provisoire. Il dispose d'un pouvoir souverain pour apprécier ce qui correspond à l'intérêt de l'enfant.

La résidence alternée implique-t-elle obligatoirement un partage égal du temps entre les deux parents ?

Non. Dans un arrêt du 25 avril 2007, la Cour de cassation a précisé que l'article 373-2-9 du code civil n'impose pas que le temps passé par l'enfant auprès de chaque parent soit de même durée. Les juges peuvent décider d'une alternance aboutissant à un partage inégal, si l'intérêt de l'enfant le commande.

Le droit de visite peut-il être exercé dans un lieu neutre ?

Oui. L'article 373-2-9 alinéa 3 du code civil prévoit que le droit de visite peut, lorsque l'intérêt de l'enfant le commande, être exercé dans un espace de rencontre. Dans un arrêt du 10 juin 2015, la Cour de cassation a précisé que le juge doit alors fixer la périodicité de ce droit de visite.

Quels éléments le juge prend-il en compte pour statuer sur la garde ?

Selon les articles 373-2-6 et 373-2-11 du code civil, le juge prend en compte la pratique antérieure des parents, les accords intervenus entre eux, les sentiments exprimés par l'enfant lors de son audition en justice, ainsi que les renseignements recueillis dans le cadre d'éventuelles enquêtes sociales.

En cas de résidence alternée, les deux parents peuvent-ils bénéficier de prestations familiales ?

En cas de résidence alternée effective et équivalente, les deux parents peuvent être considérés comme assumant la charge effective et permanente de l'enfant au sens de l'article L. 513-1 du code de la sécurité sociale. Dans un arrêt du 3 septembre 2026, la Cour de cassation a jugé que l'attribution d'une prestation familiale ne peut être refusée à l'un des parents au seul motif que l'autre en bénéficie, sauf règle particulière fixée par la loi.

Une décision de garde peut-elle être modifiée après le jugement de divorce ?

Oui. Les décisions relatives à la garde des enfants et au droit de visite ne sont pas définitives. Il est possible de saisir à nouveau le juge aux affaires familiales en cas d'évolution de la situation, notamment en présence de faits nouveaux survenus depuis la décision initiale.

Que se passe-t-il si un parent empêche l'autre d'exercer son droit de visite ?

Dans un arrêt du 30 septembre 2009, la Cour de cassation a évoqué, dans le contexte d'une demande de modification, la situation où l'exécution d'une décision de justice était rendue impossible par le comportement d'un parent. Une telle situation peut justifier une nouvelle saisine du juge aux affaires familiales.

Source officielle

Cour de cassation, 1re civ., 14 février 2006, n° 05-13.202 (résidence alternée, pouvoir souverain du juge)

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