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Congé pour vendre : quels sont les droits du locataire ?
Lorsqu'un propriétaire souhaite vendre son logement occupé, il doit respecter des règles strictes avant de demander au locataire de partir. Ce guide explique les droits du locataire et les points de vigilance essentiels.
Qu'est-ce qu'un congé pour vendre ?
Lorsqu'un propriétaire décide de vendre le logement qu'il loue, il peut donner congé à son locataire. L'article 15, II, de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 encadre strictement cette démarche. Ce congé doit, à peine de nullité, indiquer le prix et les conditions de la vente projetée.
Ce congé vaut automatiquement offre de vente au profit du locataire : le locataire a donc la priorité pour acheter le logement avant tout autre acquéreur. C'est ce que l'on appelle le droit de préemption.
Les mentions obligatoires du congé
Selon l'article 15, II, de la loi du 6 juillet 1989, les cinq premiers alinéas de cet article doivent être reproduits dans la notification, à peine de nullité. Dans un arrêt du 18 février 2009 (pourvoi n° 08-11.114), la Cour de cassation a jugé qu'un document annexé au congé, expressément annoncé dans le corps de la lettre et reproduisant ces dispositions, pouvait satisfaire à cette exigence.
En pratique, il est conseillé de vérifier attentivement que le congé reçu contient bien toutes les mentions légales requises, notamment le prix et les conditions de vente, ainsi que la reproduction des alinéas de l'article 15, II.
Le droit de préemption : comment ça fonctionne ?
L'article 15, II, de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que l'offre de vente contenue dans le congé est valable pendant les deux premiers mois du délai de préavis. Pendant cette période, le locataire peut accepter l'offre et se porter acquéreur.
Dans un arrêt du 19 mai 2010 (pourvoi n° 09-13.474), la Cour de cassation a jugé que le propriétaire est lié par son offre de vente jusqu'à l'expiration de ces deux premiers mois : il ne peut pas vendre le bien à un tiers pendant ce délai sans violer les droits du locataire.
Le droit de préemption subsidiaire
Si le locataire refuse l'offre initiale, puis que le propriétaire décide de vendre à des conditions ou à un prix plus avantageux pour l'acquéreur, l'article 15, II, alinéa 4, de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que le notaire doit notifier ces nouvelles conditions au locataire. Cette notification vaut à nouveau offre de vente au profit du locataire : c'est le droit de préemption subsidiaire.
Dans un arrêt du 1er mars 2023 (pourvoi n° 21-22.073), la Cour de cassation a précisé que le locataire qui exerce ce droit de préemption subsidiaire ne peut pas se voir imposer le paiement d'une commission d'agence immobilière renchérissant le prix du bien.
Cas particulier : le décès du bénéficiaire du congé
Les règles sur le congé pour vendre sont distinctes de celles sur le congé pour reprise (habiter le logement). Dans un arrêt du 16 avril 2026 (pourvoi n° 24-13.191), la Cour de cassation a rappelé, à propos d'un congé pour reprise, que les conditions de la reprise s'apprécient en la personne du bénéficiaire désigné : le décès de celui-ci avant la date d'expiration du délai de préavis prive d'effet le congé.
Délai pour agir
Si le locataire souhaite contester la validité d'un congé pour vendre, il est vivement conseillé de ne pas tarder. Le délai précis pour agir en justice doit être vérifié auprès d'un avocat ou d'une association spécialisée, car les sources disponibles ne permettent pas de l'indiquer avec certitude.
Démarche générale en cas de congé pour vendre
- Vérifier les mentions du congé : s'assurer que le prix, les conditions de vente et les alinéas légaux requis figurent bien dans la notification ou dans une annexe expressément annoncée.
- Examiner le délai d'acceptation : l'offre est valable pendant les deux premiers mois du délai de préavis. Il est possible d'accepter l'offre et de se porter acquéreur pendant cette période.
- En cas de refus initial, rester attentif : si le propriétaire vend ensuite à un prix plus avantageux, le notaire doit notifier ces nouvelles conditions au locataire, qui dispose alors d'un nouveau droit de préemption.
- En cas d'irrégularité suspectée : il est possible de consulter un professionnel du droit (avocat, association de défense des locataires) pour évaluer si le congé peut être contesté.
Questions fréquentes
Le congé pour vendre doit-il obligatoirement contenir certaines informations ?
Oui. L'article 15, II, de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que le congé doit, à peine de nullité, indiquer le prix et les conditions de la vente projetée. Les cinq premiers alinéas de cet article doivent également être reproduits dans la notification.
Pendant combien de temps le locataire peut-il accepter l'offre de vente ?
Selon l'article 15, II, de la loi du 6 juillet 1989, l'offre de vente contenue dans le congé est valable pendant les deux premiers mois du délai de préavis. Dans un arrêt du 19 mai 2010 (pourvoi n° 09-13.474), la Cour de cassation a précisé que le propriétaire est lié par cette offre jusqu'à l'expiration de ces deux mois.
Le propriétaire peut-il vendre à quelqu'un d'autre pendant le délai d'acceptation ?
Non. Dans un arrêt du 19 mai 2010 (pourvoi n° 09-13.474), la Cour de cassation a jugé que le propriétaire est lié par son offre de vente jusqu'à l'expiration des deux premiers mois du délai de préavis et ne peut pas vendre à un tiers pendant cette période.
Que se passe-t-il si le propriétaire vend ensuite à un prix plus bas qu'annoncé ?
L'article 15, II, alinéa 4, de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que si le propriétaire vend à des conditions ou à un prix plus avantageux pour l'acquéreur, le notaire doit notifier ces nouvelles conditions au locataire. Cette notification vaut à nouveau offre de vente : c'est le droit de préemption subsidiaire.
Le locataire qui achète grâce à son droit de préemption doit-il payer la commission de l'agence immobilière ?
Non. Dans un arrêt du 1er mars 2023 (pourvoi n° 21-22.073), la Cour de cassation a jugé que le locataire qui exerce son droit de préemption subsidiaire ne peut pas se voir imposer le paiement d'une commission d'agence renchérissant le prix du bien.
Un congé dont les mentions légales figurent en annexe plutôt que dans le corps de la lettre est-il valable ?
Dans un arrêt du 18 février 2009 (pourvoi n° 08-11.114), la Cour de cassation a jugé qu'un congé comportant en annexe la reproduction des alinéas légaux, à condition que cette annexe soit expressément annoncée dans le corps du congé, peut être considéré comme régulier.
Que faire si le congé reçu semble irrégulier ?
En général, il est conseillé de conserver toutes les pièces reçues (lettre de congé, annexes, enveloppe) et de consulter rapidement un professionnel du droit ou une association spécialisée. La contestation d'un congé irrégulier doit être engagée dans les délais légaux, qu'il convient de vérifier auprès d'un avocat.
Source officielle
Cour de cassation, 3e civ., 18 février 2009, n° 08-11.114 (validité du congé pour vendre avec annexe)
Autres sources (3)
- Cour de cassation, 3e civ., 19 mai 2010, n° 09-13.474 (bailleur lié par l'offre pendant deux mois)
- Cour de cassation, 3e civ., 1er mars 2023, n° 21-22.073 (droit de préemption subsidiaire et commission d'agence)
- Cour de cassation, 3e civ., 16 avril 2026, n° 24-13.191 (décès du bénéficiaire du congé pour reprise)
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